Registre de sécurité ERP : ce qui change depuis le 1er juillet 2026
Le comparatif avant / après et les étapes pour mettre à jour votre registre.

Visuel d’illustration
Votre registre contient déjà les rapports de vérification, les consignes et l’historique des travaux. Faut-il tout recommencer depuis le 1er juillet 2026 ? Pour organiser la mise à jour, il faut distinguer les informations conservées, les précisions nouvelles et les pièces qui concernent seulement certaines situations. Voici un comparatif et six modèles de tableaux à utiliser dans votre établissement.
Le repère réglementaire. Le décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 modifie le contenu du registre des ERP. Les dispositions étudiées ici s’appliquent depuis le 1er juillet 2026. Ce guide porte sur le registre ; il ne résume pas toutes les réformes du décret. Sources officielles en fin d’article.
Dans ce guide
Avant et après le 1er juillet 2026 : quelles différences ?
La comparaison ci-dessous porte sur les deux versions de l’article R. 143-44 et les nouveaux renvois aux articles R. 141-10 et R. 141-11 du Code de la construction et de l’habitation. « Absent de l’ancienne rédaction » ne signifie pas « jamais exigé auparavant » : des dispositions propres à l’établissement pouvaient déjà demander certaines informations.
| Sujet | Jusqu’au 30 juin 2026 | Depuis le 1er juillet 2026 | Traduction pratique proposée |
|---|---|---|---|
| Personnel | État du personnel chargé du service d’incendie. | Identification nominative et hiérarchique du service. | Actualiser les noms, fonctions et rattachements. |
| Consignes | Consignes incendie, dont évacuation tenant compte des handicaps. | Maintien de cette rubrique ; articulation avec les règles générales. | Conserver une version validée et connue des équipes. |
| Contrôles | Dates des vérifications et observations déjà demandées. | Rubrique conservée. | Relier chaque contrôle au rapport correspondant. |
| Travaux | Dates, nature, entreprises et intervenant de suivi, le cas échéant. | Rubrique maintenue et placée en premier. | Garder l’historique et les pièces utiles. |
| Exercices | Pas de rubrique spécifique dans cet article, sans exclure les obligations d’autres textes. | Dates des exercices expressément inscrites. | Créer un suivi et relier les comptes rendus. |
| Corrections | Pas de renvoi à R. 141-10 dans l’ancienne rédaction. | Renvoi au contenu général, incluant les mesures correctives. | Documenter le traitement des écarts. |
| Solutions d’effet équivalent | Pas de renvoi à R. 141-11 dans cette rédaction. | Annexes dédiées lorsqu’une telle solution existe. | Réunir les documents techniques et attestations applicables. |
Les évolutions ne doivent donc pas être présentées comme la création de toutes les obligations de sécurité incendie. Pour les exercices, notamment, l’ajout concerne leur mention explicite dans cet article. Il ne permet pas, à lui seul, de déterminer une fréquence valable pour tous les ERP.
Mettre à jour le registre sans perdre son historique
Dans la pratique, commencez par un inventaire. Sur une feuille ou dans votre outil de suivi, listez les rubriques existantes, leur emplacement et la personne qui les actualise. Notez les éléments manquants et les documents dispersés chez un prestataire, dans une messagerie ou dans un dossier de travaux. Ce premier état évite de recopier des données déjà disponibles et fait apparaître les vraies lacunes.
1. Relier les observations aux corrections
L’article R. 141-10 mentionne les mesures de correction des écarts. Pour rendre cette information exploitable, nous proposons une ligne par observation, avec sa référence, la zone concernée, l’action prévue et le document qui prouve sa réalisation. Le nom du pilote et l’échéance sont des colonnes pratiques de gestion ; ce ne sont pas des intitulés de colonnes imposés par le texte.
Évitez de réunir plusieurs anomalies différentes dans une seule ligne. Une intervention peut en corriger certaines et en laisser d’autres ouvertes. Distinguez également une commande passée, des travaux exécutés et une correction vérifiée. Un devis accepté ne constitue pas, à lui seul, la preuve que le problème a été traité.
2. Rendre l’organisation compréhensible
Une liste devient plus utile lorsqu’un nouvel arrivant comprend immédiatement qui contacter. Nous conseillons d’indiquer les fonctions et les liens de responsabilité, puis de dater les mises à jour lors d’un départ ou d’un changement d’organisation. Décrivez la situation réelle de votre établissement. N’attribuez pas une qualification ou une fonction de sécurité à une personne simplement pour remplir une case.
Pour plusieurs bâtiments, conservez un rattachement clair au site. Une direction commune peut piloter plusieurs établissements, mais chaque dossier doit permettre de retrouver les personnes et l’organisation qui lui correspondent. Limitez la diffusion des données nominatives aux personnes qui en ont besoin pour le suivi.
3. Donner une suite utile aux exercices
Au-delà de la date, un court compte rendu aide les équipes à progresser : quel était l’objectif, quelle situation a été testée, qu’a-t-on observé et que faut-il modifier ? Ces éléments complémentaires sont des recommandations de méthode. Un exercice peut ainsi alimenter une action sur la signalétique, l’information d’un remplaçant ou la clarté d’une consigne.
Classez le compte rendu avec une référence simple et reportez les actions dans votre suivi. Au prochain exercice, relisez ces actions pour vérifier si les difficultés précédentes ont été corrigées. L’intérêt est de conserver une continuité entre les essais, pas seulement une succession de dates.
4. Contrôler les pièces particulières
En présence d’une solution d’effet équivalent, le dossier prévu par R. 141-11 comprend notamment la description de la solution, les attestations requises et les modifications qui influencent le respect des objectifs incendie. Les conditions d’exploitation et d’entretien prévues au dossier doivent pouvoir être retrouvées. Cette rubrique est conditionnelle : elle n’impose pas à chaque ERP de créer une solution d’effet équivalent.
Si vous ne savez pas si votre bâtiment est concerné, recherchez les pièces de conception et sollicitez les intervenants compétents. Ne remplissez pas « sans objet » uniquement parce que vous n’avez pas trouvé le dossier. Un tableau d’indexation sert à repérer les pièces ; il ne remplace pas les attestations techniques.
Exemple : suivre une observation sur une porte coupe-feu
Situation fictive. Un rapport signale un problème de fermeture dans un couloir. Le responsable technique crée une action reliée à la référence du rapport et précise l’emplacement exact. Il organise l’intervention avec le prestataire et conserve la fiche de passage. Après les travaux, le résultat doit être vérifié selon les compétences et procédures applicables avant de considérer l’action comme close.
Le dossier raconte ainsi une séquence lisible : observation, décision, intervention, justificatif, vérification. Si le responsable est absent le jour d’une visite, son collègue peut retrouver les pièces sans reconstituer l’historique dans les mails. Si la correction n’est pas satisfaisante, l’action reste ouverte avec la suite à donner.
Cette organisation est particulièrement utile pour une mairie, un gestionnaire d’EHPAD ou un exploitant multisite : une même entreprise peut intervenir sur plusieurs bâtiments, mais chaque correction conserve son établissement, sa référence et son justificatif.
Six exemples de tableaux à télécharger
Chaque fiche comporte un exemple fictif rempli et un tableau vierge. Le PDF est prêt à imprimer. Pour remplir les tableaux à l’écran, téléchargez le ZIP, extrayez les fiches HTML et ouvrez-les dans votre navigateur. Complétez les cellules, puis imprimez ou enregistrez en PDF. Les saisies ne sont pas conservées automatiquement : enregistrez votre résultat avant de fermer la page.
Télécharger les 6 tableaux en PDF →
Télécharger les versions modifiables (ZIP) →
- Contrôles et corrections
- Organisation du service de sécurité
- Exercices de sécurité incendie
- Travaux et transformations
- Consignes et versions
- Solutions d’effet équivalent, si concerné
Ces modèles sont des aides proposées par Conformité Sécurité. Ils ne constituent ni un formulaire officiel ni un registre complet. Les colonnes de pilotage doivent être adaptées à votre établissement, et les documents justificatifs restent à joindre. Les dates des exemples ne fixent aucune périodicité réglementaire.
Ces évolutions sont prises en compte dans l’application Conformité Sécurité
Le suivi des nouvelles dispositions du registre de sécurité est inclus dans l’application Conformité Sécurité. Les fonctions de suivi des vérifications, des réserves et des travaux, ainsi que la base documentaire, permettent d’organiser les informations et les justificatifs nécessaires dans le dossier de chaque établissement.
Vous pouvez ainsi rapprocher les rapports reçus des actions à réaliser et conserver les documents de traitement. Les éléments d’organisation du service de sécurité, les consignes, les comptes rendus d’exercices et, lorsque le bâtiment est concerné, les dossiers techniques particuliers doivent être renseignés et classés dans le dossier du site. La mise en service permet d’organiser ce classement avec vos équipes.
En multisite, l’objectif est de donner à la direction une vue d’ensemble tout en permettant aux responsables locaux de retrouver les informations de leur établissement. Le logiciel soutient cette organisation ; la qualité du registre dépend aussi des documents transmis, de leur actualisation et des interventions effectivement réalisées.
La présence d’un document dans l’application ne vaut pas validation technique de son contenu. De même, une action déclarée réalisée doit être accompagnée des justificatifs adaptés. L’utilisation du logiciel ne constitue pas une certification de conformité de l’établissement.
Voir le suivi sur un dossier concret
Lors d’une démonstration, partez d’un rapport de contrôle et découvrez comment organiser les actions, les échéances et les pièces du registre dans Conformité Sécurité.
Demander une démonstration →Questions fréquentes
Faut-il abandonner son registre papier ?
Les dispositions étudiées ici ne rendent pas un logiciel obligatoire. Pour votre mise à jour, examinez d’abord le contenu et la possibilité de retrouver les pièces. Si vous changez de support, préservez l’historique et organisez l’accès aux documents.
Faut-il supprimer les anciens rapports ?
Notre recommandation est de conserver l’historique utile et d’identifier clairement les versions à jour. N’effacez pas un ancien constat pour le remplacer par la seule mention « corrigé » : reliez-le à son traitement. Cet article ne fixe pas une durée unique de conservation pour toutes les pièces.
Un tableau rempli suffit-il ?
Le tableau facilite le repérage. Il ne remplace pas un rapport, une consigne complète, une attestation ou un compte rendu nécessaire au dossier. Utilisez une référence commune pour passer facilement de la ligne de suivi au document.
Comment éviter que le registre se dégrade avec le temps ?
Désignez un référent, définissez qui transmet les pièces et prévoyez une revue régulière des éléments manquants. Lors d’un changement de responsable, faites une passation à partir du dossier : actions ouvertes, documents attendus et prochaines échéances.
Pour compléter votre organisation
- Tenir le registre de sécurité et classer les documents →
- Suivre les observations et la levée des réserves →
- Préparer la visite de la commission de sécurité →
Sources officielles
Textes consultés le 26 septembre 2026. Les conseils de classement et les modèles proposés sont des outils pratiques, distincts du texte réglementaire.